L’ère du numérique et des progrès technologiques

Si le XIXe siècle a été celui de l’industrialisation et le XXe siècle celui de la chimie, le XXIe siècle sera celui du numérique...

r200_9_lere_du_numerique_et_des_progres_technologiques_-_pseudo-sciences.org.png

L’ère du numérique et des progrès technologiques

Si le XIXe siècle a été celui de l’industrialisation et le XXe siècle celui de la chimie, le XXIe siècle sera celui du numérique. L’ enjeu : une amélioration des rendements afin de nourrir une population planétaire en expansion démographique et également de produire de l’énergie (biocarburants, biomasse, etc.), tout en assurant une empreinte environnementale positive. En raison de l’ampleur du défi, toutes les technologies disponibles se doivent d’être mobilisées.

Les biotechnologies (avec des techniques déjà bien établies telles que la mutagénèse ou la transgénèse et de nombreuses techniques émergentes [1]) vont permettre d’obtenir des variétés plus résistantes aux maladies ou s’adaptant à des sols et des conditions climatiques difficiles avec des rendements améliorés. De nouvelles molécules phytopharmaceutiques de synthèse sont mises au point, conjuguant efficacité et moindres doses. De nouvelles approches pour les méthodes de biocontrôle seront développées.

Les réseaux de fermes « à haute valeur environnementale » (fermes Agéris par exemple) permettent de poser les bases d’une utilisation optimisée des intrants et des ressources (eau, énergie) ainsi que d’une meilleure gestion des effluents avec du matériel agricole de plus en plus performant.

L’ensemble de ces innovations bénéficie en outre de la formidable révolution numérique en cours qui accompagne aussi de nouveaux outils d’aide à la décision. Des logiciels basés sur des modèles prédictifs sophistiqués prennent en compte des variables climatiques, agronomiques (date de semis, variétés cultivées, rotations) qui, combinées aux connaissances acquises sur les bioagresseurs, permettent d’anticiper l’évolution des maladies (par exemple le modèle Presept pour la septoriose du blé [2]).

Grâce aux nouveaux outils de surveillance, la parcelle agricole n’est plus considérée comme une entité homogène, mais comme une agrégation de zones aux besoins différenciés. La photo satellite est déjà parfaitement opérationnelle pour la gestion de la fertilisation et la géolocalisation des maladies (le système Farmstar couvre aujourd’hui 740 000 ha en France). Des caméras embarquées sur des tracteurs couplées à un système de géo-localisation et à un système de distribution du produit de traitement phytopharmaceutique permettent de moduler les doses d’intrants (voir par exemple le système Intelligent Localized Spray décrit dans[2]). Des drones, d’utilisation souple et pouvant être gérés individuellement, peuvent acquérir une vision différenciée au sein de la parcelle et, suivant les réglementations existantes, distribuer certains intrants [3].

Ces outils innovants sont l’essence même de l’agriculture de précision : traiter là où il le faut, au moment où il le faut et avec la dose qu’il faut, pour réduire les impacts des produits phytosanitaires sur l’environnement et, plus généralement, développer une agriculture à la fois productive et soutenable. Plus de science et plus de technologie sont ainsi indispensables à une agriculture plus durable permettant de subvenir aux besoins de tous.

 

Catherine Regnault-Roger

 

[1] “New plant breeding techniques State-of-the-art and prospects for commercial development”, European Commission Joint Research Centre 2011.
[2] Rouzet J., Délos M., Le Henaff G., 2005 - « Modélisation et mise en œuvre de modèles dans le cadre du conseil phytosanitaire » - . In Regnault-Roger C., Enjeux phytosanitaires pour l’agriculture et l’environnement. Lavoisier Tec & Doc, Paris : 309-341
[3] Regnault-Roger C., 2014, Produits de protection des plantes : innovation et sécurité pour l’agriculture durable, Editions Lavoisier, 318 p.
[4] Regnault-Roger C., Délos M., Rouzet J. : « OAD et Agriculture numérique : moyens de mieux protéger les plantes avec moins d’intrants ? » 11e CIMA AFPP, Tours , 7-9 décembre 2015.

 

Innovations
Ils nous font confiance
Actualités